Ne pas allaiter a un prix : des vies et des dollars7 avr. 2010 Odile Penet
Allaitement maternel - dreamstime.com
Selon une étude de Melissa Bartick et Arnold Reinhold publiée en avril 2010 sur le site Pediatrics (1), la plupart des spécialistes s’accordent pour affirmer que l’allaitement maternel est l’unique mode d’alimentation nécessaire à un bébé jusqu'à ses 6 mois. Si cette information n’a en soi rien de nouveau, cette étude met en avant que, si plus de nouvelles mamans allaitaient leur bébé, la vie d’environ 900 bébés et des milliards de dollars seraient épargnés chaque année. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme que l’allaitement au sein, pendant au moins six mois, est indispensable pour assurer une croissance normale, un bon état de santé et un développement harmonieux de l’enfant. En 2009, seuls 74 % des femmes américaines avaient choisi d’allaiter. Seulement 33 % des mères continuaient passé trois mois, et 14 % allaitaient toujours après six mois. Des chiffres alarmants. Coûts et santéDans cette étude, le docteur Melissa Bartick affirme que la grande majorité des frais supplémentaires liés à la petite enfance, encourus chaque année, pourraient être évités si 80 à 90 % des femmes pratiquaient l’allaitement maternel (sans complément), pendant au moins quatre mois et si 90 % des mères allaitaient périodiquement pendant six mois. Malheureusement, l'analyse menée confirme que ces dépenses sont dues principalement aux décès, et qu’environ 95 % de ces décès sont à attribuer à trois causes majeures : la mort subite du nouveau-né, l’entérocolite ulcéro-nécrosante et les infections pulmonaires. On sait que l’allaitement maternel réduit considérablement le développement de ces trois maladies. L’allaitement maternel est aussi un moyen de prévention d’autres maladies graves. Les chercheurs incluent également dans leur étude financière le coût direct des soins de santé, ainsi que le coût des jours non travaillés par les parents dont les enfants sont malades. Cependant, ils ne prennent pas en compte l’achat du lait artificiel. ActionsDe nombreux facteurs expliquent le faible taux d’allaitement aux États-Unis, selon les auteurs de l’étude. Les mères ne sont pas à blâmer. Elles reçoivent souvent une information confuse et mitigée et ne bénéficient pas d’un soutien adapté après la naissance de leur enfant. La priorité devrait être d’améliorer les soins prénatals et postnatals, surtout au niveau de l’éducation et de l’accompagnement à l’allaitement. Il est important de rappeler l’importance du contact peau contre peau entre la mère et l’enfant à la naissance. Cette simple mesure serait malheureusement peu souvent respectée dans de nombreuses maternités. Pourtant, elle permet au nouveau-né de développer son instinct naturel à téter le sein de sa mère. Les mères et les familles doivent s’informer et s’éduquer sur l’importance de l’allaitement maternel. Elles doivent s’entourer d’une équipe de soutien adapté dès la sortie de la maternité. Elles seront ainsi épaulées en cas de problème avec l’allaitement. Il est important d’éduquer toute la famille, y compris les grands-mères qui, souvent, considèrent l’allaitement comme un effet de mode et suggèrent souvent d’arrêter « cette folie de l’allaitement et d’utiliser un biberon classique », comme elles l’ont fait et ont fait leurs mères avant elles. (1) « The burden of suboptimal breastfeeding in the United States : a pediatric cost analysis », de Melissa Bartick et Arnold Reinhold, in Pediatrics, 5 avril 2010. Cliquer ici pour lire le résumé de l'étude (en anglais). Tous droits réservés Odile Penet. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
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